La panne de l'ascenseur social, c'est trés simple et concret.Celà désigne les risques de déclassement propres à la generation des 20 ans aujourd'hui.Ce risque de déclassement traverse la problématique du Diplôme Européen d'Etudes Supérieures lorsqu'on comprend qu'il ne permettra probablement pas d'accéder au niveau social des parents à diplôme égal ou supérieur.

Evidemment, il ,est malaisé de parler d'une generation DEES ! puisque le propre de cette generation c'est justement de ne pas être homogène.Pas d'espoirs communs ? Pas la même vision de l'avenir ? Oscillant entre rêves et frustrations sans que celà se traduise véritablement politiquement, ce qui semble caractériser cette generation au sein de laquelle s'inscrivent les DEES, c'est la crise de l'idée de progrés.On y croit .on veut y croire.Mais on sait que ça ne marche pas ou pas comme prévu.

D'abord , c'est l'explosion scolaire dela fin des années 80 qui a porté de 30% à 62% d'une classe d'âge au baccalauréat entre 1988 et 1994 et de 10% à plus de 20% le nombre de titulaires d'une licence.La surabondance de diplômés par rapport aux positions sociales disponibles a pour conséquence qu'une partie importante des jeunes diplômés ne peut plus envisager les mêmes carrières que celles de leurs ainés, même s'ils continuent de les espérer.

Allez !un chiffre pour garder le moral !

Les titulaires d'une licence ou plus agés de 30 à 35 ans ne sont plus que 54% à être cadres, alors qu'ils étaient 70% dans les années 1970.Seuls les titulaires de diplômes de grandes écoles sauvent leur perspective.

Dans ce cadre, on comprend que la reflexion de PrepaDEES interroge les possibilités ou non d'un rattrapage social en dépassant des cicatrices que louis CHAUVEL désigne comme des "scarifications"Cela signifie que la position sociale du DEES est fondamentalement ambigue.Il monte ou il descend ? Il est déjà dans la frustration vis à vis de ses parents et de leur statut ou dans l'ascension effective ?Ces questions semblent arides.Il nous semble qu'on ne peut pas ne pas les poser au lieu de vendre du fantasme sans expliquer les enjeux réels de la mobilité sociale.

N'est ce pas celà que recherche le DEES en poursuivant ses études?